L’influence du contexte social sur les consommations à risque des adolescents

nAddiction Suisse a publié une étude sur la consommation d’alcool, de tabac et de cannabis des jeunes, réalisée en Suisse par « Health Behaviour in School-aged Children » (HBSC).
Il apparaît que le contexte social (famille, pairs, école) dans lequel évoluent les adolescents a une forte incidence sur leur consommation.

Nous reproduisons ici le communiqué de presse publié par Addiction Suisse le 10 novembre 2016.

Adolescence et consommations: le rôle important des parents

L’enquête Health Behaviour in School-aged Children (HBSC) met en évidence un lien étroit entre la relation que les adolescents entretiennent avec leurs parents et la consommation de substances psychoactives. Une nouvelle feuille-info présente les résultats, accompagnés de conseils pour les parents.

 La feuille-info d’Addiction Suisse se base sur l’enquête nationale sur la santé des élèves (HBSC) de 2014. Réalisée sous l’égide de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dans plus de 40 pays, cette étude s’est intéressée entre autres à la consommation de substances psychoactives des adolescents et à leur relation avec leurs parents.

L’intérêt des parents et la confiance, deux éléments clés

Environ quatre cinquièmes des élèves de 15 ans estiment que leurs parents savent comment et avec qui ils passent leur temps libre. Les ados dont les parents ne sont que peu ou pas au courant de leurs loisirs sont proportionnellement plus nombreux à consommer du tabac, de l’alcool ou du cannabis. Ainsi, 8% des jeunes dont les parents savaient ce qu’ils faisaient de leur temps libre ont indiqué s’être enivrés au moins une fois au cours des trente jours précédant l’enquête; cette part était près de trois fois plus élevée chez les adolescents dont les parents n’étaient que peu ou pas au courant. Les chiffres sont aussi éloquents en ce qui concerne la consommation de cannabis au moins une fois au cours des trente derniers jours; la part de consommateurs était de 10% chez les élèves du premier groupe, contre 23% chez ceux du second.
Le fait que les parents sachent comment et avec qui leur enfant passe son temps libre peut être le résultat de la bonne relation qu’ils ont avec lui. Une relation bâtie sur la confiance et le dialogue permet de discuter de ce qui tracasse les ados et de chercher ensemble des stratégies pour gérer les problèmes, ce qui peut éviter que les jeunes n’aient recours à des substances psychoactives pour chercher à aller mieux.
Quatre cinquièmes des élèves de 15 ans ont indiqué qu’ils pouvaient discuter facilement de leurs soucis avec leurs parents. Chez ces jeunes, la consommation de substances était aussi moins élevée: dans ce groupe, un élève sur dix s’était enivré au moins une fois au cours du dernier mois, alors que dans le groupe de ceux qui parlaient moins facilement avec leurs parents, cette part était de 14%. Pour le cannabis, les chiffres sont de 12% pour le premier groupe et de 16% pour le second.
Les résultats de l’enquête HBSC indiquent qu’une relation de confiance entre parents et ados constitue un facteur de protection important dans le domaine de la consommation de substances. Il est cependant aussi possible que les jeunes qui consomment des substances psychoactives le cachent à leurs parents ou ont des problèmes relationnels avec eux à cause de cette consommation.

Conseils pour les parents

A l’adolescence, les relations entre enfants et parents changent radicalement. Dans leur processus d’autonomisation, les jeunes se tournent de plus en plus vers leurs ami-e-s. Les parents conservent toutefois un rôle essentiel et peuvent contribuer à prévenir les addictions :
– en accordant de nouvelles libertés à leurs ados tout en posant, pour les sorties et la consommation de substances, des règles claires et adaptées à leur âge et en les appliquant de façon systématique; cela aide les adolescents à acquérir leur indépendance ;
– en prenant suffisamment de temps pour discuter et en étant ouverts au dialogue avec leurs adolescents;
– en insistant si nécessaire lorsqu’ils s’inquiètent de la consommation de substances de leur enfant et que celui-ci n’en parle pas volontiers avec eux;
– en recourant à un service de consultation spécialisé s’ils ont le sentiment d’être dans l’impasse.

 

Pour des conseils et des informations auprès d’Addiction Suisse
– La page Adolescence du secteur prévention 
– Les différents guides pour les parents d’ados
– Le site MonAdo réalisé en collaboration avec Carrefour addictionS Genève

Crédit photo : Photo de Aedrian sur Unsplash